RENCONTRES AVEC SÉBASTIEN LOEB

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Pour la manche française de Rallycross disputée le premier week-end de septembre à Lohéac en Ille-et-Vilaine, Sébastien Loeb souhaitait offrir un succès au public breton. Malgré une demi-finale d’anthologie, Loeb a dû se contenter d'une frustrante sixième place en finale derrière l'intouchable Suédois de Volkswagen, Johan Kristoffersson. Mais pas de quoi entamer son enthousiasme et son plaisir de piloter une Peugeot.

Comment qualifieriez-vous votre course de Lohéac ?

Sebastien Loeb. Ce n’est, hélas, pas la plus belle de mes courses en Rallycross. Ma frustration vient que je me suis tout le temps retrouvé bloqué dans le trafic. Je n’ai jamais été en position de bien m’exprimer. Je n’ai jamais été en tête au premier virage. C’est dommage car, en performance pure, la voiture était vraiment bien. On était vraiment capables d’être devant. Au final, je réalise le même temps que le vainqueur. C’est d’autant plus frustrant que j’avais réussi une belle demi-finale en remontant quatre places après être parti dernier.

Pourquoi n’avoir pas pu rééditer ce scénario en finale ?

S.L : Parce que j’étais placé à l’extérieur sur la ligne de départ, ce qui m’a privé de quelques options tactiques. Le mec devant moi m’a emmené dans le gravier et ouvert la porte à celui qui me suivait. Après cela, j’ai été relégué à un rôle de suiveur sans possibilité de tenter quelque chose pour la victoire.

Quelle a été votre relation avec le public français ?

S.L : L’épreuve de Lohéac est particulière pour moi. C’est la manche française de la compétition et elle me tient autant à cœur qu’à Peugeot. On a senti à quel point les gens nous appréciaient ici. c’est dans ce genre d’occasion avec un public tout proche qu’on réalise que le travail qu’on fait avec Peugeot plait vraiment aux Français. Bien sûr, j’aurais aimé offrir un meilleur résultat mais la particularité de cette discipline, c’est que la performance purement sportive peut parfois ne pas suffire. Il y a des faits de courses qui changent la donne. Comme les conditions de départ. Cette fois c’était à mon détriment. Mais bon, c’est aussi ce qui fait la beauté du Rallycross. Je me console en me disant que ma demi-finale, très belle, a dû donner du plaisir aux spectateurs.

Quelles sont les qualités pour être pilote de Rallycross ?

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S.L Il n’y a rien d’automatique dans la voiture et tout se fait manuellement, de l’embrayage à l’accélérateur. Le pilotage est donc naturel. Ensuite, il faut surtout savoir doser son agressivité et ne pas faire n’importe quoi. Il faut être offensif mais pas trop sinon les pénalités tombent. Tout est dans l’équilibre de l’intelligence de course. Une opportunité peut s’ouvrir quelques dixièmes de secondes et il faut être capable de réagir.  Il est aussi très important de prendre un bon départ.

Que pensez-vous des moteurs électriques en Rallycross ?

S.L : Le sport automobile est la vitrine de l’automobile en général. Si la tendance de fond est de passer à l’électrique, il est clair que le sport doit suivre. D’ici quelques années, on aura des voitures électriques plus puissantes qu’aujourd’hui. En performance pure, cela va être super sympa. Je n’ai jamais vraiment essayé l’électrique mais je ne suis pas contre. Il y aura moins de bruit qu’avec les moteurs thermiques et le spectacle sera différent. Pas moins bon mais différent. En ce qui me concerne, je suis un pilote qui grandi avec le moteur thermique et c’est un peu mon ADN. Mais cela peut être intéressant de vivre la transition avec l’électrique. Il faut savoir vivre avec son époque et participer à son développement.

Comment définiriez-vous votre relation avec Peugeot ?

S.L : Je pilote des Peugeot depuis 2013 et cela se passe à merveille. Peugeot Sport est une super équipe avec une excellente ambiance et j’ai appris à bien connaître ses membres lors du projet Dakar en 2015, mais d’abord lors de l’opération Pikes Peak en 2013. Je m’y sens très bien. Les relations de travail sont vraiment excellentes. Je prends du plaisir à travailler avec tout le monde chez Peugeot. C’est une très belle marque, très motivée et qui aime le sport. Je m’y sens bien et je crois que l’inverse est également vrai. Quand les deux parties s’amusent autant, elles ne demandent qu’à continuer !